30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 22:43

Le temps, ce temps qui passe, que l'on voit à peine passer.

Hier soir, je l'ai vécu, en une petite dixième de seconde quand j'ai vu mon horloge numérique passer de deux heures à trois heures du matin en un instant.

Et si une heure ne durait qu'un dixième de seconde.

Peut être qu'au bout de ces lignes et de ces mots je serai mort alors

Et vous aussi peut être

La vie est une histoire qui se termine mal

La vie est une histoire qui se termine mal

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 22:10

J'ai un ami curé, gabonais. J'ai des copains arabes, algériens, marocains, des juifs, je connais aussi des gens de droite, de gauche, de divers droites, de divers gauches, des anarchistes, des bouddhistes, des tankistes, des gays, des lesbiennes, des hétéros, des asiatiques, des balistiques, des bonzes, des sœurs, des pleutres, des bobos, des babas, des bambins, des barbies, des barbus, des bronzés, des pauvres, des riches, des chiens, des chats, des chevaux, des indiens, des cons, des connes, des princes, des rois, des reines, des pilotes, des dingues, des paumés, des thiefaine, des Hugo, des clodos, des zorros et moi.

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 22:46

Ouvrir la porte, jeter les clés, monter dans la voiture, démarrer et s'en aller. Tout plaquer, une bonne fois pour toute sans regrets et ni remords, se laisser glisser sur la route, une bonne playlist dans le poste. Dormir dans des hôtels, changer de ville chaque jour, prendre le temps de vivre, de ne rien faire, oublier le stress du RER, ces matins blafards, ces nuits hagards, ne pas se retourner c'est simplement continuer à avancer.

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 00:20

Je viens tout juste de mourir. Mon cœur s'est arrêté de battre, il en avait marre m'a-t-il dit avant d'éteindre la lumière. Heureusement que je me suis remis à fumer j'ai pu emporter avec moi des clopes et un briquet. Je ne tiendrai pas l'éternité je le sais bien mais en attendant de trouver la solution pour remettre les pieds sur terre, je clope encore.

Ce qui me manque aussi depuis je suis mort c'est de me sentir en vie. J'ai quand même pensé aussi à apporter avec moi quelques livres " mémoires d'outre tombes " notamment. J'ai réussi à glisser aussi une bouteille de Jack Daniels et du café. Pour l'instant sinon ça peut aller. Je n'ai croisé personne par contre. Je suis dans une grande pièce où les murs n'ont pas de fenêtres mais ils ont installé une ventilation. Il y a un canapé, une table, une seule chaise comme si on voulait me faire comprendre que je n'aurai pas la joie de recevoir des invites. Il y a aussi un lit, une table de nuit mais pas d'armoires. Remarquez cela ne me gêne pas trop, je n'ai pas d'autres affaires que ce que j'ai sur moi. C'est dommage par contre il n'y a pas de transistor, j'aurai pu écouter la météo et la bourse.

Bref, je suis enfermé dans cette pièce depuis deux jours seulement et vous me manquez déjà ...

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 00:48

Charles n'en menait pas large. Depuis que l'attaque avait commencé, qu'il était sorti du boyau de sa tranchée, qu'il avait suivi le bataillon qui dans un grand cri de courage avait suivi ses officiers, deux heures s'étaient écoulées. L'attaque avait été un fiasco, une véritable boucherie. Il avait vu tomber devant lui, Georges, Etienne, Maurice, Marcel, Antoine, Louis, Camille, Michel, Gérard, Alphonse, les deux frères Dumay, le grand Bordier, le petit rouquin, le grand rigolo, le fayot du capitaine, le capitaine, son ordonnance, les sous-officiers, le lieutenant, le sous-lieutenant, le caporal, le caporal-chef, le sergent, le sergent-chef, l'adjudant de la compagnie, l'adjudant-chef....

 

Une véritable boucherie quoi. Vous devez d'ailleurs vous demander  sans doute comment Charles avait pu échapper à cet assassinat de masse. C'était  très simple, Charles était tout simplement tombé quand il a enjambé le parapet. Il a fait 4 pas et une balle lui a brisé son fusil en deux, lui évitant ainsi de la prendre dans le bide. Charles est tombé la tête en avant, sans un cri et son corps est venu buter sur les corps encore chauds de Gaston, Fernand, Marcel et Paul qui étaient devant lui lors de cet assaut et qui eux avaient eu moins de chance que Charles, étant la première ligne et  étaient mort sans un cri.

 

Charles aurait pu se relever mais c'est que les mitrailleuses boches avaient continué à tirer rageusement et avaient fauché derrière lui, la troisème ligne, des toutes jeunes recrues fraichement arrivées au matin pour monter à l'assaut des tranchées ennemies.

 

 Il avait bonne mine maintenant ce pauvre Charles. Il lui était impossible de bouger, coincé entre les corps d'infortune de ses camarades de chambrée, baissant la tête pour éviter les balles qui sifflaient au dessus d'elle. Cela faisait deux heures que l'attaque avait été lancée. Au loin dans le brouillard encore matinal de ce paysage hivernal  étrangement devenu silencieux, il aperçu des formes humaines courir vers lui. Il plissa des yeux pour essayer de reconnaître des hommes du bataillon ou si ce n'était pas tout simplement l'ennemi enhardi par cette bataille sauvage qui tentait à son tour de prendre les tranchées dont Charles avait quitté deux heures plutôt.

 

 Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que c'était bien des boches qui avançaient en faisant des grands bonds devant eux. Charles tourna la tête pour regarder en arrière. La peur de mourir ainsi, coincé entre tout ces corps  le paralysa. Il eut l'idée alors de faire le mort et laissa tomber sa tête sur l'épaule de Victor dont la mort l'avait fauché en même temps que Gaston, Fernand et Paul. 

 

 Il entendit des pas se rapprocher. Des voix chuchotaient autour de lui. Il ouvra les yeux doucement, il vit un officier entouré d'une dizaine d'hommes, ils avaient tous leur fusil avec la baïonnette fixée au bout rouge de sang. Il ne comprit pas ce que dit l'officier mais l'un des deux plus grands qui étaient à ses côtés commença à fouiller les corps qui étaient autour de Charles. L'allemand allait arriver vers lui quand des coups de feu retentirent et que l'homme tomba lourdement sur lui, le crâne fracassé par une balle. Le sang qui sortait de sa tête  comme d'une fontaine éclaboussa le visage de Charles qui se mit à hurler, un cri sorti de sa poitrine, puissant et terrifiant. Le groupe d'allemands avait déjà tourné les talons, abandonnant leur officier qui à son tour venait de tomber la tête sanguinolente.

 

 Charles entendit encore à nouveau les balles miauler autour de lui, certaines venir frapper les corps de ses copains qui semblaient sursauter quand les balles déchiraient leur chair morte tandis que Charles, les yeux hagards continuait de hurler à s'en vider les poumons.

 

Il était 10 heures du matin, nous étions le 11 novembre 1918. 

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Publié par Loser - dans Histoire
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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 21:08

Je suis addiction, obsessionnel compulsif, pour le meilleur comme pour le pire. J'ai des besoins, des envies, des rêves, des doutes, comme toi sans doute.

 

Cela me fait réellement chier de parfois me sentir enfermé dans un bureau, toute la journée alors que la vie est ailleurs, je le sais, je l'ai rencontré, plusieurs fois, il y a longtemps de cela.

 

Alors je tue le temps, en pensant mes blessures qui n'arrêtent pas de saigner. J'ai croisé le diable, une fois dans ma vie, en pleine après midi, par un joli mois de mai.

 

Je descendais avec mon chien d'une colline où était encore en place une ancienne batterie allemande et dont de la haut, ils avaient vu sur toute la plaine .

 

J'ai serpenté dans cette tranchée, passé la porte blindée, les canons s'étaient tu depuis longtemps, rouillés par le vent et la pluie. Mon chien furetait partout, cherchant de quoi grignoter.

 

Je l'ai appelé et je suis sorti et j'ai descendu ce chemin en courant, mimant une charge imaginaire d'un lancier, sabre au clair. Le chien était devant moi qui courrait, la langue pendante, il faisait chaud, le soleil n'offrait aucune ombre et tout en allant plus vite, je me mis à hurler, le bras tendu au dessus de ma tête.

 

Dans le petit virage de ce petit chemin, le chien a disparu de ma vue. Je courrai toujours aussi vite, avec l'impression que rien ne pouvait m'arrêter quand soudain je vis le chien qui était arrêté devant un homme.

 

Il était bien habillé, un costume gris, une cheminse blanche et tenait un pardessus à son bras gauche. Il devait avoir un cinquantaine d'années, peut être moins, peut être plus.

 

Alors que le soleil était à son zénith, que je venais de parcourir 500 mètres en cavalaant  à la tête de mon régiment de lanciers chevronnés, que j'avais dû passer par le fil de mon épée, des hommes apeurés de voir tant de cruauté s'abattre sur eux, je ne transpirais pas, je n'étais même pas essouflé.

 

Alors que je me disais que cet homme, sorti tout droit  d'un album photo de Doisneau devait m'avoir  entendu certainement hurler cette charge imaginaire. Forcément, dans cette lande solitaire.

 

 

On se croisa du regard dans ce silence qui nous séparait. Il fit un bref mouvement de tête pour me saluer, je lui répondis de la même façon tandis que le chien continuait son chemin et que je hâtais mon pas pour le rattraper et m'engouffrer dans ma voiture et fuir cet endroit.

 

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Publié par Loser - dans Frisson
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 23:44

Ce soir j'ai branché ma guitare électrique. Cela faisait près d'un gros  mois que je l'ignorais. Non pas qu'elle m'ait fait quelque chose, non pas qu'elle ne soit pas belle, non pas que je ne sais pas en jouer, juste que j'avais la tête ailleurs, plongée dans la vie réelle qui parfois m'accapare un peu plus que d'habitude.

 

Du coup, je l'ai laissé, ignoré, même si de temps en temps en entrant dans la pièce où je l'ai mise, je lui jetais un oeil, tout en me disant à quoi bon, même derrière une guitare, je suis un loser. 

 

Il faut des losers dans la vie après tout, sinon il n'y aurait pas de bons films, de bons romans, de bons musiciens...

 

Talalala Talala comme un gros riff de guitare saturée quoi... 

 

 
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Publié par Loser - dans musique
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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 23:16

Il était couché depuis une heure. L'ampoule de sa lampe de chevet avait grillé, juste quand il avait voulu appuyer sur l'interrupteur. Il était déjà deux heures du matin, le silence dans la rue se faisait entendre comme un pas feutré. Il alluma son téléphone pour avoir un peu de lumière afin de trouver sur sa table de nuit, un mouchoir. Il vit dans la pénombre de la pièce, au bout de la lumière du smartphone, quelqu'un assis au bout de son lit. C'était  un homme, un viel homme même, sa tête penchée sur son torse.

 

Il se leva alors d'un bond, des frissons lui glacèrent son sang et une douleur se fit sentir au creux de ses reins. Il essaya de se lever mais la main de ce personnage lui saisie sa cheville et il chuta lourdement la tête la première sur le parquet. Il sentit alors en lui l'horreur quand il chercha à se relever et que le poids de cet homme qui s'était jeté sur lui, l'en empêchait. Il entendit un murmure, tout proche de son oreille droite, Il voulut se débattre mais ses mains, ses bras, ses jambes, tout son corps ne répondait plus.

 

Il eut en image la journée qu'il venait de passer, une agréabe journée où il avait pu enfin se reposer, fatigué d'une semaine très éprouvante avant de sombrer dans le néant...

 

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Publié par Loser - dans Frisson
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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 03:34

Ce n'est pas si vieux, il y a quelques années, pas des années lumières d'ailleurs, quelques années. Quand je suis né, juste après avoir pris un bateau, il y avait un port, des maisons aux volets d'un bleu méditérannée. Je me souviens de peu de choses. Ma mémoire m'a souvent joué des tours, pas de magie, hélas... 

 

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Publié par jaures
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